EPITRE AUX HEBREUX

L’Épître aux Hébreux est un clavier aux accords multiples. Théodore de Bèze a écrit : « Convenons tous ceci : que cette Épître a été véritablement dictée par le Saint-Esprit et conservée à l’Église comme un trésor inappréciable »
… « C’est une des lettres les plus admirables du Nouveau Testament quant à la profondeur de la pensée, l’amplitude du message, la pureté et la vigueur de l’expression » … (C.L. De Benoît)
C’est un livre anonyme – Plus de 150 mots ne se retrouvent nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament.
Peu de passages des Écritures égalent en valeur de fond et de forme les quatre versets qui servent à l’introduction à l’Épître et que l’on pourrait mettre en parallèle avec le sublime prologue de l’Évangile de Jean.
Notons encore que cette lettre contient l’admirable chapitre sur la foi (Hébreux : 11)
L’AUTEUR
Inconnu
Aucun indice précis sur l’auteur sinon qu’il devait être
1. Un Juif (Hébreux : 1 / 1) « Nos pères » vivant à l’époque apostolique (Hébreux : 2 / 3-4)
2. Un Juif helléniste – connaissant à fond l’Ancien Testament dans sa traduction grecque, (Barnabas, dont le nom chrétien signifie « Fils d’exhortation » (Actes : 4 / 36) … pourrait fort bien être responsable de cette « parole d’exhortation » (Hébreux : 13 / 22)
En sa qualité de Lévite, il aurait eu un plus grand intérêt que tout autre au rituel sacrificatoire.
Étant Juif cypriote, c’est fort possible qu’il ait eu des rapports étroits avec l’enseignement helléniste et philosophique du Judaïsme d’Alexandrie …
3. Un ami de Timothée (Hébreux : 13 / 23) avec lequel il espère bientôt aller rendre visite à ses lecteurs.
4. Il devait habiter l’Italie au moment de la rédaction de la lettre (Hébreux : 13 / 24)
On a pensé à Paul, mais un des principaux textes qui a fait douter que Paul soit l’auteur de « ces paroles d’exhortation » (Hébreux : 13 / 22) est le 3ème verset du chapitre : 2 : … « salut qui, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu » …
D’après Galates : 1 / 11-12 ; 1 Corinthiens : 9 / 1 et d’autres passages du Nouveau Testament, Paul prend un soin jaloux de faire remonter son autorité apostolique à une révélation directe du Seigneur.
Pourquoi se placerait-il ici au nombre de ceux qui ont reçu la révélation par l’intermédiaire des témoins auriculaires du Seigneur ?
Notons aussi que le style de cette lettre est très différents du styles des Épîtres Pauliniennes.
Pourtant l’auteur a aussi une certaine similitude avec l’enseignement apostolique qu’il a reçu et qu’il sait expliquer avec assurance.
D’autres pensent qu’Apollos (éloquence et connaissance des Écritures) Aquilas …
Reconnaissons avec Origène, que « Dieu seul sait qui a écrit cet Épître »
DESTINATAIRES
Le contenu confirme avec force que l’Épître fut écrite à des Judéo-Chrétiens.
Elle ne contient absolument aucune référence au paganisme
Le verset d’Hébreux : 9 / 15 laisse supposer que ceux dont on parle avaient été sous « l’Ancienne Alliance »
Ils étaient chrétiens depuis un certain temps déjà (Hébreux : 5 / 12) ; appartenant à une Église précise (Hébreux : 13 / 19, 23) dont le lieu exact ne nous est pas indiqué.
DATE
Il est impossible de la fixer avec une certitude absolue, quoiqu’on puisse dire en toute confiance que l’Épître fut probablement écrite entre 60 et 70.
Timothée vivait encore (Hébreux : 13 / 23)
Certaine penchent pour 68 et en tous cas avant la destruction de Jérusalem, puisque le Temple subsistait encore au moment où elle fut écrite (Hébreux : 10 / 11)
BUT DE L’EPITRE
Bien qu’au nombre de plusieurs dizaines de milliers (Actes : 21 / 20) les chrétiens Palestiniens ne formaient encore qu’une infime minorité de plus en plus méprisée et haïe des autres juifs depuis l’arrestation de Paul, et surtout depuis l’assassinat de Jacques, le frère du Seigneur et l’auteur de l’Épître qui porte son nom (vers l’an 61)
Aussi, voyant que le Seigneur tardait à venir établir son Royaume plusieurs, découragés, perdaient peu à peu leur foi avec leurs glorieuses espérances, et abandonnaient l’Église pour retourner au Judaïsme.
Les Apôtres encore vivants étaient au loin.
La persécution faisait rage en plus d’un endroit.
Paul et probablement aussi Pierre, avaient déjà subi le martyre.
C’est dans ces circonstance douloureuses que le Saint-Esprit, le divin Consolateur, chargea un croyant d’origine Juive, mais grec de langue, détenu semble-t-il à Rome (Hébreux : 13 / 19-24) mais bien connu à Jérusalem, où il devait jouir de l’estime et de la confiance générale, d’adresser à ses frères hébreux un message fortifiant et plein d’autorité, capable de les retenir sur la pente fatale où ils étaient en train de glisser (vers l’an 67)
Il le fait non seulement en établissant la supériorité de la nouvelle alliance sur l’ancienne, et de Jésus-Christ sur Moïse, Aaron et Josué, mais en montrant la grandeur suprême, la souveraineté royale et la divinité de Christ, le Sauveur parfait, l’auteur d’une parfaite rédemption définitive et éternelle
Alors … pourquoi retourner à ce qui n’est qu’ombre ou symbole, quand on possède la glorieuse réalité … !
PLAN DU LIVRE
1. Prologue : Gloire du Fils dans s personne et son œuvre (Hébreux : 1 / 1-3)
2. La personne de Christ supérieure à toute autre (Hébreux : 1 / 4 à 4 / 16)
3. La prééminence et la perfection du sacerdoce de Christ (Hébreux : 5 / 1 à 10 / 18)
4. La vie de la foi (Hébreux : 10 / 19 à 13 / 19)
5. Conclusion (Hébreux : 13 / 20-25)
MOT CLE
Perfection, parfait (Hébreux : 2 / 10 ; Hébreux : 5 / 9 ; Hébreux : 7 / 11, 19 ; Hébreux : 10 / 14 ; Hébreux : 12 / 23 ; Hébreux : 6 / 1 ; Hébreux : 7 / 25, 28 ; Hébreux : 9 / 9, 11)
Il ne s’agit pas ici de la perfection sans péché qui ne se trouve qu’en Dieu, mais dela maturité spirituelle en Christ.
L’Épître nous montre que la Loi n’a rien pu amener à la perfection (Hébreux : 7 / 19) et que cette maturité d’expérience ne peut être atteinte que dans la Nouvelle Alliance, Christ l’ayant rendue possible par ses souffrances et par sa mort (Hébreux : 10 / 14)
MESSAGE
Le but du livre était donc
1. D’affermir les Juifs devenus chrétiens en leur montrant que le Judaïsme de l’Ancien Testament était arrivé à son terme, parce que tout l’objectif de la loi avait été réalisé en Christ.
2. D’avertir ceux qui se considéraient comme chrétiens du danger de retourner au Judaïsme ou de ne pas parvenir à la vraie foi en Christ.
3. D’attirer l’attention de tous les chrétiens sur la prééminence de Jésus-Christ.
PARTIE DOCTRINALE
Le Fils de Dieu médiateur de l’Alliance meilleure.
1. Supériorité de Christ sur les personnalités de l’Ancienne Alliance
Perfection de sa personne
(Hébreux : 1 / 4 à 7 / 28)
a. Christ Fils de Dieu et les anges (Hébreux : 1 / 4-14)
1er avertissement (Hébreux : 2 / 1-4)
b. Christ, Fils de l’homme et les anges (Hébreux : 2 / 15-18)
c. Christ et Moïse (Hébreux : 3 / 1-6)
2ème avertissement (Hébreux : 3 / 7-19)
d. Christ et Josué (Hébreux : 4 / 1-10)
2ème avertissement (suite) (Hébreux : 4 / 11-13)
e. Christ et Aaron (Hébreux : 4 / 14 à 5 / 10)
3ème avertissement (Hébreux : 5 / 11 à 6 / 20)
f. Christ et Melchisédeck (Hébreux : 7 / 1-28)
2. Supériorité de Christ sur les institutions de l’Ancienne Alliance
Perfection de son œuvre
(Hébreux : 8 / 1 à 10 / 18)
a. Christ et le Sanctuaire (Hébreux : 8 / 1-6)
b. Christ et l’Alliance (Hébreux : 8 / 7-13)
c. Christ est le Tabernacle (Hébreux : 9 / 1-10)
d. Christ et le culte de l’Ancienne Alliance (Hébreux : 9 / 11-28)
e. Christ et les sacrifices Lévitiques (Hébreux : 10 / 1-18)
VERSET CLE
« Dieu nous a parlé par le Fils » (Hébreux : 1 / 1-2)
La religion de Jésus-Christ est avant tout spirituelle ; elle n’a rien de terrestre et ne consiste pas, comme le Judaïsme, en rite et cérémonies extérieurs.
MEILLEUR – PLUS EXCELLENT : EN CHRIST
Meilleure espérance (Hébreux : 7 / 19)
Meilleures choses (Hébreux : 6 / 9 ; Hébreux : 11 / 40)
Meilleures promesses (Hébreux : 8 / 6)
Meilleurs biens (Hébreux : 10 / 34)
Meilleure résurrection (Hébreux : 11 / 35)
Meilleure patrie (Hébreux : 11 / 16)
Meilleur langage (Hébreux : 12 / 24)
Nom du Fils plus excellent (Hébreux : 1 / 4)
Sacrifices plus excellents (Hébreux : 9 / 23)
Tabernacle plus parfait (Hébreux : 9 / 11)
SUPERIEUR
Christ supérieur aux Anges (Hébreux : 1 / 4)
Sa gloire supérieure à celle de Moïse (Hébreux : 3 / 3)
Cette alliance est d’autant plus supérieure (Hébreux : 7 / 22)
Toute l’Épître nous montre que la Loi, dans l’Ancienne Alliance n’a rien pu amener à la perfection ; elle ne pouvait qu’annoncer quelque chose de meilleur : la Nouvelle Alliance que Christ a rendu possible par son obéissance, ses souffrances et sa Mort !
LES CINQ GRANDS AVERTISSEMENTS DE L’EPITRE
1. Ne vous laissez pas emporter loin des choses divines = Négliger le salut (Hébreux : 2 / 1-4)
2. N’endurcissez pas vos cœurs = Être incrédule et désobéissant (Hébreux : 3 / 7 ; Hébreux : 4 / 13)
3. Ne vous relâchez point = Rester stationnaire rétrograde (Hébreux : 5 / 11 ; Hébreux : 6 / 20)
4. Ne méprisez pas le salut = Pécher volontairement en Jésus-Christ (Hébreux : 10 / 26, 39)
5. Ne refusez pas celui qui parle du haut de cieux = Refuser obstinément, Indifférence (Hébreux : 12 / 11, 29)
Notez la gradation de ces avertissements successifs ; c’est petit à petit que l’âme se laisse envahir par l’indifférence aux choses de Dieu, indifférence qui peut devenir totale et mortelle (5ème avertissement)
LA FOI : CHAPITRE : 11
La foi est une assurance, avec une triple signification (en grec)
1. Fondement : La foi est la base de notre espérance, notre raison même d’espérer.
2. Substance : La foi, en nous mettant en contact vivant avec ce que nous espérons, nous permet d’en jouir maintenant, déjà.
Elle est l’essence, la réalité, même la possession anticipée de l’objectif de notre espérance.
3. Persévérance : La foi est une confiance patiente et persévérante des choses que nous attendons.
LA FOI EST UNE DÉMONSTRATION, plus exactement une CONVICTION, ou, mieux encore, la preuve convaincante des choses que nous ne voyons pas.
a. La foi est la main du cœur qui saisit ce que Dieu donne.
b. La foi est la vue de l’âme qui rend présent l’avenir et visible, l’invisible
c. La foi est un don (Philippiens : 1 / 29) – Un commandement (1 Jean : 3 / 23) – Une semence (Matthieu : 17 / 20) – Un contrat (1 Timothée : 6 / 12) – Une repos (Hébreux : 4 / 11) – Une assurance (Hébreux : 11 / 1) – Un mystère (1 Timothée : 3 / 9)
LA SANCTIFICATION
1. Elle est indispensable : sans elle, personne ne verra le Seigneur (Hébreux : 12 / 14)
2. Elle est possible : grâce au sacrifice de Jésus-Christ (Hébreux : 10 / 10)
3. Les obstacles : le péché (Hébreux : 12 / 1) – Le découragement (Hébreux : 12 / 2, 12) – L’amertume (Hébreux : 12 / 15) – L’impudicité (Hébreux : 12 / 16) – L’amour de l’argent (Hébreux : 13 / 5) – Les fausses doctrines (Hébreux : 13 / 9) – L’obéissance servile (Hébreux : 13 / 17)
TROIS CHOSES INDISPENSABLES DANS L’EPITRE
1. SANS effusion de sang PAS DE PARDON (Hébreux : 9 / 22)
2. SANS la foi impossible d’être AGRÉABLE A DIEU (Hébreux : 11 / 6)
3. SANS la sanctification, PERSONNE NE VERRA LE SEIGNEUR (Hébreux : 12 / 14)