EPITRE AUX COLOSSIENS
C’est pendant son premier emprisonnement à ROME que Paul écrivit l’Épître aux Colossiens, de même que celles aux Éphésiens et aux Philippiens.
Il ne s’était jamais rendu à COLOSSES situé à environ 160 km à l’Est d’Éphèse.
Il se peut que cette Église ait été fondée par Epaphras (Colossiens : 1 / 7 ; Colossiens : 4 / 12-13 ; Philémon : 23) qui avec d’autres, s’était probablement converti au cours des trois années du ministère de Paul à Éphèse (Actes : 19 / 10)
DESTINATAIRES
Chrétiens de Colosses (Colossiens : 1 / 2) et Laodicée (Colossiens : 4 / 16)
DATE DE COMPOSITION
L’an 62 après Jésus-Christ
COMPOSITION DE L’EPITRE
Paul écrit en prison (Colossiens : 4 / 18) très probablement de ROME et non pas de Césarée.
D’après les lettres aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon, il semble jouir d’une liberté plus grande que celle qui lui était accordée à Césarée.
Actes : 28 / 30-31 correspond à Colossiens : 4 / 3 par exemple.
Epaphras, qui avait la charge de l’Église de Colosses, était venu à ROME pour s’entretenir avec l’apôtre dans l’intérêt de son troupeau.
La lettre aux Colossiens est le résultat de cette visite.
Tychique et Onésime furent chargés d’apporter la lettre aux chrétiens de Colosses (Colossiens : 4 / 7-9)
BUT
Amener les Colossiens à la maturité spirituelle (Colossiens : 1 / 28)
Mettre en garde l’Église contre le faux mysticisme qui la menaçait (Colossiens : 2 / 4, 23)
Pour cela il s’agissait de montrer deux choses : que Christ a de quoi suffire à tout, c’est ce qui résulte de son habitation en elle.
Voilà l’Épître toute entière (Frédéric Godet)
Quelqu’un était venu à Colosses prêcher une philosophie séduisante mais dangereuse, comme plus tard sous le nom de gnosticisme, et qui contient les éléments d’un enseignement erroné encore passablement répandu aujourd’hui.
Pour plus de détails sur cette hérésie (Colossiens : 2 / 18)
Cette fausse doctrine assignait à Christ une place de subordonné par rapport au véritable Dieu, et sous estimait la portée unique et la perfection de son œuvre rédemptrice.
Elle prétendait qu’entre le Dieu saint et cette terre existait une armée d’êtres, d’Anges, etc … jouant le rôle d’intermédiaires et dont Christ était un des membres.
Cette conception impliquait le culte des anges (Colossiens : 2 / 18) et un faux ascétisme (Colossiens : 2 / 20-22)
A toutes ces erreurs l’apôtre oppose la parfaite connaissance (grec : épignosis : Colossiens : 1 / 9-10 ; Colossiens : 3 / 10) de la plénitude de Dieu en Jésus-Christ.
Il réfute magistralement ce faux enseignement (Colossiens : 1 / 19 ; Colossiens : 2 / 9) en déclarant que toute la plénitude de Dieu habite corporellement dans le Seigneur.
Le gnosticisme employait le mot « plénitude » (grec : pléroma) pour décrire la foule d’êtres imaginaires intermédiaires entre Dieu et l’homme.
Or le Seigneur, par son incarnation, sa crucifixion, sa résurrection et son ascension est le seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée : 2 / 5)
PLAN DE L’EPITRE
Préambule
(Colossiens : 1 / 1-14)
Partie doctrinale
Le Christ
(Colossiens : 1 / 15 à 2 / 3)
- La Personne de Christ
- L’œuvre de Christ
Partie polémique
l’Eglise
(Colossiens : 2 / 4 à 3 / 4)
- Position et possession de l’Église
- Périls de l’Église
Partie pratique
Le chrétien
(Colossiens : 3 / 5 à 4 / 8)
- La vie du chrétien
- Les devoirs du chrétien
Conclusions
(Colossiens : 4 / 7-18)
SUGGESTIONS POUR TITRE DES CHAPITRES
Chapitre : 1 : Christ notre gloire
Chapitre : 2 : Christ notre plénitude
Chapitre : 3 : Christ notre vie
Chapitre : 4 : Christ notre Maître
- Plénitude (et expressions semblables)
- Plénitude de la connaissance de la volonté de Dieu (Colossiens : 1 / 9)
- Plénitude de Christ (Colossiens : 1 / 19)
- Plénitude de la prédication de l’Évangile (Colossiens : 1 / 25)
- Plénitude de consolation (Colossiens : 2 / 2)
- Plénitude de la divinité (Colossiens : 2 / 9)
- Notre plénitude en Christ (Colossiens : 2 / 10)
- Plénitude d’assurance (Colossiens : 4 / 12)
BUT
L’Épître aux Colossiens est la plus profonde des lettres de Paul.
Aucune épître ne nous conduit sur de plus hauts sommets.
Cette petite lettre de trois pages à peine, renferme des formules immortelles qui, depuis des siècles, sont la nourriture des croyants.
1. La personne de Christ est le grand sujet de l’épître, tandis que l’Épître aux Éphésiens insiste sur les caractères de l’Église, la lettre aux Colossiens met en lumière, comme aucune autre, le rôle de la personne de Christ.
Dans moins de 100 versets « Christ » revient 56 fois !
Il est constamment présent dans le cœur et la pensée de l’apôtre, comme il doit l’être dans la vie du chrétien.
2. L’Evangile de Christ : (Colossiens : 1 / 1-11) L’Apôtre contemple la puissance mystérieuse de l’Évangile.
Il est au milieu de vous et dans le monde entier, portant des fruits et allant grandissant (Colossiens : 1 / 3)
La plus petite de toutes les semences est devenue un grand arbre.
3. La divinité de Christ : (Colossiens : 1 / 15-19) Aucune Épître ne rend hommage plus complet à la divinité de Jésus-Christ.
4. L’œuvre de Christ : (Colossiens : 1 / 22-23)
On ne saura jamais méditer suffisamment les privilèges que le Christ nous a mérités
Par Christ nous avons :
- Part à l’héritage des Saints (Colossiens : 1 / 12)
- La rédemption et la rémission des péchés (Colossiens : 1 / 14)
- La paix par le sang de la croix (Colossiens : 1 / 20)
- Il nous a délivrés de la puissance des ténèbres (Colossiens : 1 / 12)
- Il nous a transportés dans le royaume de son amour (Colossiens : 1 / 13)
- Il nous a réconciliés avec Dieu (Colossiens : 1 / 21)
5. Le mystère de Christ : (Colossiens : 1 / 14 ; Colossiens : 2 / 3)
Ce mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la richesse et de la science se résume dans ces mots « Christ en vous » (Colossiens : 1 / 27)
Ce mystère c’est le baptême du Saint-Esprit, le don du Consolateur promis.
Ce sont les fleuves d’eaux vives qui devaient recevoir les croyants et qui furent accordés aux disciples le jour de la Pentecôte (Actes : 2 / 4)
6. L’identification avec Christ : (Colossiens : 2 / 8-23)
Les fausses doctrines et la philosophie trompeuse orientaient l’homme vers la tradition des hommes.
Elles insistaient sur les pratiques extérieures et les abstinences.
Tout cela détourne du Centre qui est Christ.
Le vrai secret de la sainteté se résume en ces mots :
… « Vous avez tout pleinement en Lui » … (Colossiens : 2 / 10)
… « Vous êtes ensevelis et ressuscités avec Lui » … (Colossiens : 2 / 12-13)
… « Votre vie est cachée avec Christ » … (Colossiens : 3 / 3)
7. La marche avec Christ
L’œuvre de Christ (Colossiens : 3) ne nous dispense pas d’agir.
Elle a sa contrepartie dans la vie du croyant :
- Vous êtes morts … Faites donc mourir (Colossiens : 3 / 3, 5)
- Si vous êtes ressuscités … Cherchez les choses d’en haut (Colossiens : 3 / 1)
- Vous êtes élu … Revêtez-vous de bonté (Colossiens : 3 / 12)
- Vous êtes pardonnés … Pardonnez ! (Colossiens : 3 / 13)
Ce chapitre : 3 est un admirable condensé de la vie morale des chrétiens et des devoirs domestiques.
8. Les Serviteurs du Christ : (Colossiens : 4)
Dans ses adieux, le missionnaire dans les chaînes (Colossiens : 4 / 18) nomme quelques uns de ses fidèles ministres et compagnons de service.
Il cite Épaphras qui ne cesse de combattre pour eux dans ses prières (Colossiens : 4 / 12) et Luc, le médecin bien aimé (Colossiens : 4 / 14)