Les Livres de la Bible
Par Mr le Pasteur Albert Leblond

LE LIVRE DE L’ECCLESIASTE

 
Le livre de l’Écclésiaste faisait partie des « cinq rouleaux » (méguilloth) qui était lus dans les synagogues, lors des cinq grandes solennités de l’année.

Il était lu le jour de la fête des tabernacles.
 
Dans le Canon tel qu’il nous est parvenu, l’Écclésiaste vient immédiatement après le livre des Proverbes, avec lequel il a de nombreux points communs.

TITRE DU LIVRE

(Grec : ecclésiastès) celui qui siège dans une assemblée ou dans une église, et y parle : prédicateur)

 
Ce nom emprunté aux septante « Kôheleth », terme étymologiquement proche de la racine signifie : assemblée, congrégation.

Certaines versions suivent le grec et le latin qui traduisent ce mot hébreux par « PRÉDICATEUR » (Écclésiaste : 1 / 1)

AUTEUR
 
Le prédicateur est identifié à un fils de David, roi de Jérusalem.

Salomon lui-même, dans sa vieillesse, a écrit ce livre.

Il n’est pas nommé, mais c’est à lui que se rapportent les allusions à la sagesse, aux plaisirs, aux constructions, aux serviteurs, aux richesses, et aux femmes par lesquels il a surpassé tous ceux qui ont été avant lui à Jérusalem (Écclésiaste : 1 / 16 ; Écclésiaste : 2 / 1, 9)

Le grand roi, bien qu’il reçut de Dieu une sagesse extraordinaire, avait fini, sous l’influence de l’empire des sens, par se détourner de Dieu et mettre son bonheur dans des jouissances sensuelles qui l’amenèrent à des pratiques idolâtres (1 rois : 11 / 1, 13)

Mais il reconnut plus tard sa folie et son égarement, et l’on suppose que l’Écclésiaste est le recueil de ses expériences passées.

EPOQUE

Vers la fin de son règne, environ 1000 ans avant Jésus-Christ

BUT DU LIVRE

 
Le grand objet de ce livre est évidemment de faire ressortir la complète insuffisance de toutes les choses terrestres, richesses, honneurs, science, affection, plaisirs, pour procurer à l’homme un bonheur solide, véritablement digne de ce nom.

L’Écclésiaste veut, en montrant la vanité des choses terrestres, et qui n’ont que l’apparence, amener les hommes à rechercher le seul bien réel et permanent : « La crainte de Dieu et la communion avec Lui »

« Vanité des vanités », voilà sa première leçon.

Crains Dieu et observe ses commandements voilà sa dernière, la conclusion de son livre.

LES ECRITS DE SALOMON

- Le Cantique des cantiques : Au commencement de sa vie

- Les Proverbes : Au milieu de sa vie

- L’Écclésiaste : A la fin de sa vie

- Deux Psaumes : Psaume : 72 et Psaume : 127

« C’EST UN LIVRE PROFONDEMENT MODERNE » (E. RENAN)

MESSAGE DU LIVRE

 
Sans doute, le règne de Salomon a été prospère, mais il n’a pas été sans épreuves.

Nous savons par le livre des Rois que Salomon eut des ennemis qui se dressèrent contre lui.

Il fut puni de Dieu pour ses graves infidélités (1 Rois : 11)

Au reste le livre de l’Écclésiaste fait moins allusion d’un cœur qui a goûté à tous les plaisirs et à tous les honneurs, sans y trouver le vrai bonheur.

Tout dans ce livre, nous fait penser au roi privilégié entre tous, mais désabusé, fatigué de ses extravagances et de ses excès.

L’âme déçue par tout ce que la terre peut donner, mais fermement résolue à s’appuyer sur Dieu, celui qui donne et assure le vrai bonheur.

Derrière la désespérance humaine de l’Écclésiaste transparaît sans cesse la présence du Créateur auquel tous devront rendre compte (Écclésiaste : 3  / 11, 17 ; Écclésiaste : 5 / 2 ; Écclésiaste : 12 / 9)

En fait ce livre est le réquisitoire le plus impitoyable contre l’orgueil humain et sa prétention à se passer du Seigneur.

La hantise de la mort et la destruction ne peut être dissipée que par la pensée de Dieu, de l’Éternité et de la rétribution finale de toutes les actions commises sur cette terre soumise à la vanité.

L’Écclésiaste traduit l’expérience de l’homme « sous le soleil » réfléchissant à la vie.

Il exprime une philosophie qui ne se réclame pas de la Révélation, mais que néanmoins l’inspiration divine consigne ici pour notre instruction.

PLAN DU LIVRE

1° L’ENIGME

 
La vie humaine, ainsi que la nature, ne présente que des travaux sans résultats, fatigues et misères.

Et cependant l’homme a soif de bonheur.

Où se trouve le bonheur ?

(Écclésiaste : 1 / 2-11)

2° LES VANITES DE L’EXISTENCE HUMAINE

C’est l’Écclésiaste qui se présente pour résoudre le problème (Écclésiaste : 1 / 12-15)

- Vanité de toute poursuite des biens terrestres (Écclésiaste : 1 / 16 à 2 / 23)

- Vanité de la jouissance de ces biens (Écclésiaste : 2 / 24 à 3 / 15)

- Vanité et désordre de la société humaine (Écclésiaste : 3 / 16 à 4 / 16)

3° LES CONDITIONS HUMAINES DU BONHEUR

Au milieu de toutes ces vanités, que doit faire l’homme pour arriver à la somme de bonheur qui lui est départie ?

- Être pieux (Écclésiaste : 5 / 1-8)

- Se contenter d’une fortune moyenne (Écclésiaste : 5 / 9-16)

- Estimer à leur juste valeur, les joies et les souffrances (Écclésiaste : 7 / 1-10)

- Résumé (Écclésiaste : 7 / 11-14)

4° LES CONDITIONS DIVINES DU BONHEUR

-  La morale du juste milieu (Écclésiaste : 5 / 15-20)

- La vraie sagesse (Écclésiaste : 7 / 25 à 8 / 8)

- L’adversité des justes et la prospérité des méchants (Écclésiaste : 8 / 9 à 9 / 10)

- Avantages temporels de la sagesse (Écclésiaste : 9 / 11 à 11 / 6)

5° CONCLUSIONS

La vie et la mort (Écclésiaste : 11 / 7 à 12 / 10)

6° L’ENSEIGNEMENT INSPIRE

« Crains Dieu et observe ses commandements, car c’est là le tout de l’homme » (Écclésiaste : 12 / 11-16)

MOTS CLES

 
VANITÉ : (Écclésiaste : 1 / 2, 14 ; Écclésiaste : 2 / 1, 11, 15, 19, 21, 23, 26, etc …)

SOUS LE SOLEIL : (Écclésiaste : 1 / 9, 14 ; Écclésiaste : 2 / 11, 17-20, etc …)

POURSUITE DU VENT : (Écclésiaste : 1 / 10, 17 ; Écclésiaste : 2 / 11, 26, etc …)

SAGESSE : (Écclésiaste : 1 / 13, 16-18 ; Écclésiaste : 2 / 3, 9, 12-13, 15, 16, 19, 21, etc …)

TRAVAIL : (Écclésiaste : 2 / 10, 18 ; Écclésiaste : 4 / 4 ; Écclésiaste : 5 / 14 ; Écclésiaste : 6 / 7, etc …)

BONHEUR : (Écclésiaste : 2 / 14 ; Écclésiaste : 3 / 12 ; Écclésiaste : 6 / 6 ; Écclésiaste : 7 / 14 ; Écclésiaste : 8 / 12-13, etc …)

MALHEUR : (Écclésiaste : 4 / 10 ; Écclésiaste : 6 / 8 ; Écclésiaste : 7 / 14 ; Écclésiaste : 8 / 6, Écclésiaste : 9 / 12, etc …)

TEMPS : (Écclésiaste : 3 / 1, 5, 17 ; Écclésiaste : 7 / 17 ; Écclésiaste : 8 / 5, 9 ; Écclésiaste : 9 / 11-12, etc …)

CŒUR : (Écclésiaste : 2 / 10 ; Écclésiaste : 7 / 2, 8, 11 ; Écclésiaste : 7 / 7, 25 ; Écclésiaste : 9 / 3 ; Écclésiaste : 10 / 2, etc …)

OU SALOMON A-T-IL CHERCHE LE BONHEUR ET POURQUOI NE L’A-T-IL PAS TROUVE ?
 
a) Recherche du bonheur
 
- Dans la science et la sagesse (Écclésiaste : 1 / 13, 18)

La sagesse de Salomon surpassait celle de tous les sages de son temps (1 Rois : 4 / 29-34)

Il était à la fois : Poète, philosophe, botaniste, zoologiste, historien.

- Dans les plaisirs (Écclésiaste : 2 / 1, 13)

Il ne refusa aucune joie à son cœur, et accomplit tous ses désirs (Écclésiaste : 2 / 10)

- Dans le travail (Écclésiaste : 2 / 4, 6, 10)

Salomon entreprit de grands travaux de construction : le temple, sa propre maison (1 Rois : 6 / 1 ; 1 Rois : 7 / 1) et des travaux littéraires (1 Rois : 4 / 32)

- Dans les richesses (Écclésiaste : 2 / 7-8)

Bétail, chevaux, serviteurs, chars, vivres, argent et or abondaient (voir 1 Chroniques : 27 / 29-31 ; Esdras : 2 / 28 ; 1 Rois : 11 / 26-27 ; 1 Rois : 4 / 22-23)

- Dans la musique (Écclésiaste : 2 / 8)

- Dans la volupté (Écclésiaste : 2 / 8)

Il eut 700 femmes et 300 concubines (1 Rois : 11 / 3)

- Résultat de sa recherche : TOUT EST VANITÉ ET POURSUITE DU VENT (Écclésiaste : 1 / 17 ; Écclésiaste : 2 / 1, 11)

Désillusion, haine de la vie, haine de tout travail, désespoir, pessimisme, attitude matérialiste (Écclésiaste : 2 / 12,26)

b) Raison de l’échec

Salomon recherche le bonheur loin de Dieu ; or sans Dieu, la vie n’est que désillusion.

Même s’il possédait le monde entier, l’homme ne saurait être satisfait en dehors de Dieu.

Tout ce que le monde peut nous offrir est trop petit pour la capacité de bonheur de notre cœur.

 
Chercher Dieu en vivant égoïstement c’est se vouer à un échec ; tandis que mettre Dieu en premier, et chercher à vivre par lui, c’est bannir à tout jamais le mot « vanité » !

c) Les incrédules et les matérialistes
 
Pourraient soutenir leur point de vue en citant des passages tels que (Écclésiaste : 2 / 34 ; Écclésiaste : 3 / 19 ; Écclésiaste : 7 / 16) … Comment répondre : En expliquant la différence entre l’inspiration des paroles des hommes de la Bible et l’inspiration du récit qui nous transmet ces paroles.

Salomon a écrit l’Écclésiaste à l’époque où il commence à rétrograder.
 
Tout ce qu’il dit n’est pas la vérité de Dieu ; mais le livre, pris dans son ensemble est vérité ; c’est le miroir fidèle de l’âme déçue qui a chercher son bonheur loin de Dieu.

Du coup l’arme de l’incrédule se retourne contre lui.
 
 



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