LE LIVRE DE JOB
Tennyson (Poète anglais) appelait le livre de Job « Le plus grand poème de tous les temps »
Luther disait que c’était « le plus sublime de tous les livres de l’Écriture », Ordins (jurisconsulte et diplomate hollandais du 16ème siècle) disait : « Ces événements sont réellement arrivés, mais ils sont poétiquement racontés »
Puis Cartyle (hist. Exit anglais, l’apôtre de l’action 19ème ) écrit : « C’est la première et la plus ancienne discussion de l’éternel problème de la destinée de l’homme et de ses relations avec la divinité.
Ce livre est grand par sa sincérité, sa simplicité, sa poésie, son élévation tranquille.
Aucun écrit dans la Bible ou ailleurs, ne l’égale sur le plan littéraire »
Puis « la souffrance et l’ignominie ne sont pas nécessairement des marques de péché » de J.B. Mozlay.
Le livre de Job occupe une position unique dans le canon de l’Ancien Testament.
C’est le seul livre qui ne fasse aucune allusion à l’histoire du peuple élu.
Cependant le héros du livre a manifestement la foi d’Israël.
Il croit à un Dieu unique infiniment puissant et infiniment bon. AUTEUR L’auteur de Job ne nous est connu que par le chef d’œuvre qu’il a composé.
On y reconnaît qu’il était certainement un Israélite, nourri des œuvres des prophètes et des enseignements des sages.
Il habitait probablement la Palestine, mais il a dû voyager ou séjourner à l’étranger, particulièrement en Égypte.
L’auteur a pu vivre bien des siècles après Job …
Mais un fait demeure, c’est que l’expérience de Job ne saurait être contestée.
Le livre le présente comme une personnalité historique ; il indique son pays d’origine, celui de ces amis ; il donne la nomenclature de ses richesses ; il donne le nom de ses filles.
Ézéchiel le mentionne en même temps que Noé et Daniel (Ézéchiel : 14 / 14-20) et Jacques donne sa patience en exemple et ajoute : « Vous avez vu la fin que le Seigneur lui accorda » (Jacques : 5 / 11-13) et (1 Corinthiens : 3 / 19 ; Job : 5 / 12)
Le nom d’Uts est étroitement lié à celui d’Édom (Lamentations de Jérémie : 4 / 21)
Éliphaz résidait à Théman que l’on identifie généralement à la localité de ce nom situé en Édom (Jérémie : 49 / 7-20 ; Ézéchiel : 25 / 13)
Le pays d’Uts faisait l’objet d’invasions répétées des Chaldéens et des Sabéens (Jérémie : 49 / 15-17)
Aussi est-il probable que ce territoire s’étendait à la fois sur la partie orientale d’Édom et sur le Nord de l’Arabie.
Certains attribuent le livre à Sabomen, d’autres à l’un des prophètes d’avant ou d’après l’exil.
EPOQUE DE JOB
Historiquement le livre de Job devrait se placer entre le chapitre : 12 et le chapitre : 50 de la Genèse.
Voici quelques preuves tirées du livre lui-même pour étayer cette supposition.
1° La richesse de Job consistait avant tout en bétail, comme au temps d’Abraham (Job : 1 / 3 ; Genèse : 13 / 2)
2° L’âge avancé qu’atteignit Job, comme celui des patriarches (Job : 42 / 16)
3° Job vécut certainement avant Moïse, car il n’est pas fait dans le livre, aucune allusion à Israël.
PLAN DU LIVRE
1° Prologue
Job avant l’épreuve (Job : 1 / 1-5)
Son caractère, ses biens, sa famille
2° Le drame
Job pendant l’épreuve (Job : 1 / 6 à 42 / 6)
1) Controverse entre Dieu et Satan
(Job : 1 / 6 à 2 / 10)
a) 1ère réunion dans les régions célestes (Job : 1 / 6-12)
Attaque de Satan sur les biens de Job (Job : 1 / 13-22)
b) 2ème réunion dans les régions célestes (Job : 2 / 1-7)
Attaque de Satan sur la santé de Job (Job : 2 / 8-10)
2) Controverse entre Job et ses amis
(Job : 2 / 11-37)
Arrivée des amis ; semaine de silence (Job : 2 / 11-13)
Lamentation de Job (Job : 3)
a) 1er cycle de discours (Job : 3 / 3-14)
Éliphaz, Job
Bildad, Job
Tsophar, Job
b) 2ème cycle de discours (Job : 3 / 15-21)
Idem au premier
c) 3ème cycle de discours (Job : 3 / 22 / 31)
Éliphaz, Job
Bildad, Job
d) Le dernier discours Élihu (Job : 3 / 32-37)
3) Controverse entre Jéhovah et Job
(Job : 38 à 42 / 6)
a) 1ère révélation de Dieu (Job : 38 à 39 / 35)
Réponse de Job. Humilité (Job : 39 / 36-38)
b) 2ème révélation de Dieu (Job : 40 et 41)
Réponse de Job, Repentance (Job : 42 / 1-6)
3° Épilogue
Job après l’épreuve (Job : 42 / 7-17)
Prière en faveur des 3 amis. Retour des anciens amis.
Double prospérité : richesses, enfants, longue vie.
BUT DU LIVRE ET MESSAGES
Job signifie : « lyyob » celui que l’on traite en ennemi, ou celui qui se tourne vers Dieu, ou « Ou est le père »
Etymologie incertaine
Ce livre prépare le lecteur à une révélation plus complète du dessein de Dieu « La vrai récompense du juste n’est pas la prospérité matérielle, mais la vie éternelle en présence de Dieu « (Kissane)
Le sujet du livre de Job est celui des voies providentielles et morales de Dieu en rapport avec le problème constant de la souffrance d’un homme juste.
Le thème général est
Pourquoi les justes souffrent-ils et dans quel but ?
Il est l’israélite avant Israël.
Il est lui aussi, l’homme qui reçoit les instructions de Dieu, « le Serviteur de Dieu »
Lui aussi est de ces prophètes dont parle Jacques qui « … modèle de patience et de souffrance ont parlé au nom du Seigneur » (Jacques : 5 / 10)
Son témoignage est d’une importance extrême pour tous ceux qui souffrent au service du Seigneur, quoique justes ou prophètes passent par le dépouillement, la calomnie, la persécution.
a) Job avant l’épreuve
- Un homme au caractère irréprochable, intègre et droit (Job : 1 / 1)
- Un homme possédant une foi vivante, craignant Dieu (Job : 1 / 1-5)
- Un homme possédant une nombreuse famille : 10 enfants (Job : 1 / 2)
- Un homme possédant de grandes richesses, serviteurs et troupeaux (Job : 1 / 3)
b) Job pendant l’épreuve
Sur la suggestion de Satan et la permission de Dieu, Job est mis dans le creuset de la souffrance, petit à petit dépouillé de tout, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que son âme nue et solitaire dans l’univers en face de Dieu.
L’épreuve fut graduelle
Perte de ses biens = Troupeaux, serviteurs (Job : 1 / 13-17)
Perte de ses enfants (Job : 1 / 18-19)
Perte de sa santé (Job : 2 / 7-8)
Perte de l’union spirituelle de ses amis (Job : 2 / 11-37)
Résultats
Souffrance physique et morale, solitude spirituelle, découragement frôlant le désespoir. Cependant Job n’a jamais abandonné sa foi.
La plus sublime expression de cette foi nous est donnée au chapitre : 19 / 25-26)
c) Job après l’épreuve
Repentance (Job : 42 / 6)
Foi affermie (Job : 41 / 1-5)
Retour à la prospérité : double mesure (Job : 42 / 10)
Retour de ses amis, nombreux dons (Job : 42 / 11)
Deux fois plus de troupeaux (Job : 42 / 12)
7 fils, 3 filles, Petits enfants jusqu’à la 4ème génération (Job : 42 / 13-16)
Les trois amis de Job
- Éliphaz : (Dieu est vainqueur ou Mon Dieu est or fin)
Orthodoxe et moraliste qui basait sa dogmatique sur une vision nocturne (Job : 4 / 12-21)
Son argument, c’est que la souffrance est la conséquence indiscutable du péché.
Puisque Job souffre, il doit se repentir et retourner à Dieu.
- Bildad : (Oiseau) Philosophe dont toute la sagesse reposait sur la tradition (Job : 8 / 8-10) et dont la religion consistait en phrases pieuses.
Son argument, c’est que Dieu est juste ; s’il ne répond pas à Job, il a une raison.
Il ne peut répondre à la prière d’un méchant.
Un châtiment inexorable attend le méchant.
- Tsophar : l’ami le moins sensé des trois qui se vante de connaître parfaitement les voies de Dieu.
Il affirme que Job est moins durement châtie qu’il ne le mérite et que la vie du méchant a toujours été brève.
LA CONSOLATION
Les amis de Job étaient venus dans le but de le consoler (Job : 2 / 11)
Mais Job dit lui-même qu’ils étaient de « fâcheux consolateurs » (Job : 16 / 2) … des médecins de l’âme de néant (Job : 13 / 4)
Pourquoi ont-ils échoué dans leur intention pourtant sincère et louable de consoler quelqu’un dans la détresse ?
- Ils parlent, non comme des consolateurs qui sympathisent, mais comme des moralistes qui jugent.
- Leur point de vue est faux. La justice n’est pas toujours récompensée par des bienfaits matériels, et l’injustice par la disette, la pauvreté ou la maladie.
- Ils débitent des platitudes théologiques, des phrases sentencieuses, des arguments philosophiques, au lieu de témoigner de la patience et de l’amour.
- Ils ne parlent pas de Dieu avec droiture (Job : 42 / 8).
Comparez la manière de consoler
Ruth : 2 / 13 ; 2 Samuel : 12 / 20 ; 2 Timothée : 1 / 16 ; 1 Thessaloniciens : 2 / 12.
Puis : 2 Corinthiens : 1 / 3 ; Romains : 15 / 5 ; 2 Corinthiens : 1 / 4 ; Ésaïe : 66 / 13
L’Esprit console : Jean : 14 / 16 ; Jean : 14 / 26
PROBLEME DE LA SOUFFRANCE
Sans résoudre entièrement le grand problème de la souffrance, le livre de Job jette cependant une vive lumière sur ce mystère.
Voici quelques-unes des grandes leçons sur ce sujet brûlant
- La souffrance ne provoque pas nécessairement le péché, Théorie de Satan.
- La souffrance n’est pas une preuve d’injustice divine, Théorie de Job.
- La souffrance n’est pas toujours et obligatoirement le résultat direct du péché, Théorie des amis de Job.
- Satan a une grande liberté et une grande puissance pour faire souffrir ; mais sa liberté est limitée par la volonté de Dieu.
Il a des limites qu’il ne peut franchir (Job : 1 / 12 ; Job : 2 / 6)
- Dieu emploie quelquefois des instruments humains pour nous mettre à l’épreuve. En effet, les amis de Job
furent la cause de sa chute ; ils accomplirent ce que la perte de ses biens et de sa santé n’avaient pu faire.
Il est souvent plus difficile d’accepter l’épreuve envoyée au travers des hommes que celle que Dieu nous inflige directement.
- Abandonner sa foi, à cause de souffrances personnelles ou universelles ne résoudra jamais le problème.
Le rejet de la foi a-t-il jamais donné la solution à un problème quelconque ?
Non !
Le but que Dieu poursuit par la souffrance est multiple
a) Il l’emploie comme moyen d’éducation, l’école de la souffrance dans laquelle Jésus lui-même a passé (Hébreux : 5 / 8)
b) Il l’emploie pour manifester Sa gloire (Jean : 9 / 3 ; Jean : 11 / 4)
Dieu n’explique pas le pourquoi de la souffrance.
Il révèle à l’homme Sa puissance illimitée et Sa sagesse insondable dans la nature (Job : 38-39)
Il lui fait comprendre que si les phénomènes de la nature qu’il a créés restent inexplicables, Sa providence dans la vie des hommes dépasse notre compréhension bornée.
Soyons toujours plus prêts à nous accuser qu’à juger Dieu !
Mettre en doute la sagesse et la bonté de Dieu, c’est folie.
Élihu (Il est mon Dieu)